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En Biélorussie, les arrestations d’opposants se multiplient

Au lendemain d’une manifestation monstre contre les résultats de la présidentielle contestée du 9 août, les autorités biélorusses ont procédé lundi à l’arrestation d’opposants et de dirigeants grévistes.

Si le mouvement inédit de protestation contre le président biélorusse Alexandre Loukachenko entre dans sa troisième semaine, le chef de l’État multiplie de son côté les déclarations et mises en scène martiales et durcit un peu plus la répression après la manifestation monstre du 23 août.

Lundi, plusieurs manifestants et organisateurs de grève ont été arrêtés. La lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch a été convoquée par des enquêteurs en tant que membre du « conseil de coordination ». Formé par l’opposition, ce « conseil », destiné à promouvoir une transition pacifique du pouvoir, fait l’objet de poursuites en justice pour « menace à la sécurité nationale ».

Deux de ses membres, Sergueï Dilevski et Olga Kovalkova, ont été interpellés lundi à l’entrée de l’emblématique usine de tracteurs de Minsk (MTZ), pour avoir illégalement organisé une grève selon leurs partisans. Outre sa place dans ce « conseil », Sergueï Dilevski est également le président du comité de grève de cette usine.

Le président du comité de grève d’une autre usine de fabrication de véhicules lourds (MZKT), Alexandre Lavrinovitch, a également été appréhendé par la police lundi pendant qu’il collectait des signatures en faveur d’un nouvel arrêt de travail. Le coprésident du comité de grève du producteur de potasse Belaruskali, Bokoun Anatoli, a aussi été interpellé lundi, à Soligorsk, une ville industrielle située à environ 135 km au sud de Minsk.

Trois personnes ont également été arrêtées dans la soirée en marge d’un nouveau rassemblement de l’opposition à Minsk.

Incident à la frontière lituanienne

Alexandre Loukachenko n’a quant à lui cessé de montrer les muscles depuis le début des protestations, dénonçant un complot occidental et renforçant l’armée aux frontières, notamment près de la Lituanie où un lâcher de ballons en signe de soutien aux manifestants a causé un incident.

Selon Vilnius, un hélicoptère militaire biélorusse a violé lundi pendant quelques minutes l’espace aérien de ce pays membre de l’UE et de l’Otan. Minsk a pour sa part dit avoir contré une « tentative de violation » de son espace aérien par « une sonde composée de huit ballons avec des symboles antigouvernementaux ».

Alexandre Loukachenko a accusé le « conseil » de l’opposition de vouloir « s’emparer du pouvoir » et a menacé de « refroidir certaines têtes brûlées » en son sein. Lundi encore, l’agence de presse étatique Belta a diffusé une vidéo rassemblant des déclarations martiales d’Alexandre Loukachenko sur une musique de film d’action, le montrant notamment arme à la main saluer des policiers antiémeute.

S’entretenant lundi au téléphone avec Vladimir Poutine, son principal allié malgré des relations en dents de scie, Alexandre Loukachenko a informé son homologue russe des « mesures prises en vue de la normalisation de la situation » au Bélarus, selon le Kremlin.

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